Authon, une famille en place en 1700

 

Au cœur de la Gâtine tourangelle, nichée à équidistance entre Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher) et Château-Renault (Indre-et-Loire), la commune d’Authon et ses 950 habitants appartiennent au canton de Saint-Amand-Longpré et à l’arrondissement de Vendôme.

Une particularité du territoire d’Authon est qu’il s’étend pratiquement jusqu’à la limite voire franchement à l’intérieur des bourgs des communes avoisinantes, aussi bien vers celles du Loir-et-Cher que de l’Indre-et-Loire. La limite d’Authon se trouve, à vol d’oiseau, à 250 m de la mairie de Villechauve, à 500 m de celle de Monthodon, à 80 m de celle du Boulay et à 100 m de celle de Neuville-sur-Brenne, trois villages dans lesquels on retrouve les Ledru de notre famille.

Les paysages montrent de vastes étendues planes, propices aux pâturages et labourages qui nécessitaient l’usage de nombreux bras, et la présence de laboureurs.

Terres privées et terres seigneuriales, celles du Fresne  et celles des moines de l’Etoile sont cultivés par les nombreux laboureurs de la région.

En français moderne, un laboureur est une personne qui laboure la terre, sans notion de statut. Sous l’Ancien Régime et jusqu’au 19e siècle, un laboureur désignait un paysan qui possédait la terre qu’il cultivait et au moins un attelage, cheval ou paire de bœufs et charrue.  Ils n’étaient pas spécialisés comme ceux d’aujourd’hui. Ils cultivaient la terre et ils élevaient du bétail. Autour de la cour, on trouve l’habitation prolongée d’une grange puis des étables et de l’écurie et d’autres bâtiments pour les porcs et les moutons. Les habitations type longères avaient de nombreuses fenêtres, des cheminées, plusieurs pièces. Ils sont considérés comme des notables des campagnes, très présents dans les assemblées villageoises et, parfois, interlocuteurs directs du seigneur du lieu. Certains sont très riches, d’autres moins, mais ils représentent néanmoins l’élite de la paysannerie avec les fermiers aisés. De leurs terres ils parviennent à tirer la subsistance de leur famille quelle que soit la conjoncture climatique ou économique. La plupart sont des fermiers qui possèdent un ou plusieurs terrains de culture, du bétail, des semences et du fourrage. De nombreux paysans dépendent d’un seigneur à qui ils  louent des superficies très importantes (réserves seigneuriales) qu’ils pourront mettre en valeur  Pendant la crise, cependant, les crédits auprès des seigneurs terriens se multiplieront afin de conserver les terres louées avec le risque d’être expulsés si les emprunts ne sont pas remboursés. Les religieux étaient très présent dans les campagnes, ils possédaient une part du foncier et percevaient la dîme d’autant que les paysans sont de gros payeurs d’impôts.. Les archives, si elles existent, de l’abbaye de l’Etoile devraient livrer de riches renseignements.

Jean de la Fontaine (1621/1695)  s’en est inspiré pour écrire une de ses plus fortes fables.

La catégorie de paysans moins favorisée est celle des « ménagers », ne possédant que de (très) petits lopins de terre et bien sûr pas de cheval, seulement un âne ou un mulet.

Les plus pauvres, parmi la population rurale active, sont ceux qui louent, au jour le jour, leurs services, leurs forces et ne disposent que de leurs bras, leurs mains. On les désigne donc comme des « journaliers ». Ce qui est le cas souvent des jeunes au moment de leur mariage et beaucoup de paysans employaient de la main d’oeuvre pour les champs ou pour seconder l’épouse aux tâches ménagères car les épouses travaillaient aussi aux champs où des tâches leur étaient plutôt réservées, à la vigne ou aux soins des animaux.

Pendant une longue période, 7 fermes au moins sont occupées par nos ancêtres:

  • La Piéterie (1675-1720): Noel Ledru et Marie Perdreau son épouse
  • La Haute Métairie (1675- ): Noel Ledru et Renée Charron
  • La Taradonnière (1678-): La famille de Jeanne Pourreau Jeanne y nait en 1678.
  • Bel Air (-1729) (La Houdairie): Jean Ledru et Jeanne Pourreau
  • La Houssardière (-1729-): Jean Ledru le jeune et Gabrielle Moyer
  • La Remetterie (-1731- ): Noel ledru et Anne Hauterive
  • La Bellangerie (-1786): Noel Ledru et Anne Hauterive

Les archives notariales, celles du Fresne et de l’Etoile devraient donner des informations sur l’origine de ces terres, leurs superficies, et à qui étaient-elles rattachées.

 

L’abbaye de l’Etoile

Abbaye d'AuthonTantôt Saint-Sauveur de l’Etoile ou Sainte-Trinité de l’Etoile, elle doit son nom à son emplacement au centre de vallons qui se croisent et forment comme une étoile.

A la suite de la première église construite au XI° siècle à Authon, l’abbaye  fut fondée en 1130 dans la vallée du Rondy sous le nom de la Sainte Trinité de l’Etoile par le comte de Vendôme Geoffroy Grisegonelle et Mathilde de Châteaudun son épouse, à l’instigation de Thibault de Champagne, comte de Blois, et confiée aux Bénédictins de l’Ordre de Prémontré, en Lorraine.

(Photo aimablement communiquée par madame Giscard d’Estaing)

Malgré de nombreuses péripéties violentes (incendie, pillage par les soudards anglais pendant la guerre de Cent ans, par les Routiers en 1519, par les Huguenots en 1570…) l’abbaye se maintiendra jusqu’à la Révolution. Elle fut donc en activité de 1114 à1790 pratiquement sans interruption.

Un terrier de 1490, recense toutes les propriétés de l’abbaye (archives nationales).

En 1766, l’abbaye se composait de l’église, la sacristie, le chapitre, le cloitre grand et à quatre faces, le réfectoire, le dortoir (10 cellules), le chauffoir, la cuisine, le vestiaire, les archives.

En 1770, l’Etoile possédait les cures de Maisoncelles (72), Saint-Mars-de-Locquenay (72), Saint-Léonard-des-Hayes (41), et Authon (41), ainsi que Notre-Dame de la Mancellière à Thorigné (72), Notre-Dame de Lorette aux Hayes (41) et Sainte-Radégonde de l’Ecottière à Busloup (41).

En 1785, il n’y avait plus que quatre moines.

En 1791, l’église et tous les bâtiments furent vendus pour 90 500 livres à Legrand de Marizy, seigneur du Fresne.

A sa mort  le domaine de l’abbaye fut vendue. Le domaine de l’Etoile se composait alors de la maison d’habitation, des fermes de la Clergerie, la Rabatterie et la Fagotterie, et des terres de Coup de pied, la Fruiterie et les près de Mouvet. Le domaine est actuellement la propriété du Président Giscard d’Estaing, dont l’épouse née de Brantes est une descendante des bâtisseurs du château actuel. L’église ne se visite plus et les défunts ont été transférés dans le cimetière communal.

Le château du Fresne, souvent cité dans les actes d’états civils, fut construit en 1766 par l’architecte Amoudru, pour M. de François-Joseph Marizy, maître des eaux et forêts de Franche-Comté à l’emplacement d’un manoir érigé aux XIVe et XVe siècle, et qui avait appartenu à M. de Caumartin. Ce manoir succédait à une construction plus ancienne, « du XIe siècle, qu’entouraient deux enceintes successives de larges et profonds fossés » ; on trouve un seigneur du Fresne au XIIIe siècle, Jean, fils de Pierre Ier Seigneur de Montoire et de Jeanne de Mayenne. C’était un proche de Charles d’Anjou (1227-1285), fils de Louis VIII et frère de Louis IX (saint Louis), qui fut couronné roi de Sicile en 1266. Il accompagna aussi Louis IX lors des croisades, en Afrique, Louis Urbain Lefebvre de Caumartin (1653-1720) fut propriétaire de l’ancien château du Fresne,  de même que Louis Le Roy sieur de Préfontaine.

Le château du Fresne dans sa forme actuelle appartient à ce jour à la famille de Brantes.

L’église actuelle, avec ses morts de la Grande Guerre, reconstruite dans le village d’ Authon à partir de 1860 et achevée en 1885, est sous le patronage de Saint Hilaire :

Le Bailly d’Authon s’appelle Bigot; les curés de la paroisse sont : Joan Garillon, Rouillard, Dupoirier, Chrétien, Vimbredasme.

Les familles s’appellent Pourreau, Mahoudeau, Quincay, Chereau, Deniau, Collombard.. On retrouve les représentants de ces familles d’un mariage à l’autre et nous verrons que la présence des amis et familles lors des mariages est importante à cette époque, beaucoup plus qu’au siècle suivant.

Le mariage constituait un moment important dans la vie d’un paysan , du moins jusqu’à la révolution. La présence des participants est plus nombreuse et les mêmes noms reviennent souvent. La fécondité était naturelle et le nombre d’enfants pouvait être considérable avec une mortalité infantine élevée.  Les parrains et marraines de baptêmes sont souvent des notables et le nom des Ledru revient souvent dans les registres.

Le premier des Ledru mentionné à Authon est Jean né en 1676. Il est le fils de Noel Ledru et de Marie Perdreau. Il a une sœur Marie qui décèdera à l’âge de 20 ans. Il y a bien un Noël Ledru né en 1657 à Thorigné sur Dué, fils de jean Ledru et Louise Chevalier mais le lien n’est pas établi.

Cette branche restera à Authon jusqu’en 1786.

Lors de son mariage le 6/7/1700 à Authon avec Jeanne Pourreau, Jean à 23 ans. Son père Noel LeDru est décédé. Les Pourreau sont aussi laboureurs et résident à La Tarradonnière.  Noel Pourreau et sa femme Jeanne Grellet sont tous deux décédés lors du mariage de Jeanne.

Le couple Ledru/Pourreau aura 5 enfants Jean né en 1702 puis Jean le jeune en 1706, Jeanne qui meurt en  1710 l’année de naissance de sa sœur Renée, et enfin Noel en 1713. Ils résideront au domaine de Bel-Air. Ils semblent avoir passé le grand hiver de 1709 qui engendra disette et mortalité élevée sans trop de mal.

Jean pourrait avoir épousé d’abord une Jeanne Buron dont je ne sais rien à ce jour, puis en 1742 Jeanne LeVay, du bourg des Hermittes. Une recherche doit être faite sur la poursuite de cette branche ainée.

Les filles ne vivront pas. Noel le petit dernier restera à Authon comme laboureur jusqu’à sa mort, âgé et son seul fils vivant quittera Authon au décès de sa première épouse en 1764 pour s’installer à Villechauve et ce sera fini de notre présence à Authon.

Une fille de Noël épousera un Le May dont la famille réside grâce à une alliance avec les deLavau au château du Fresne, propriété actuelle de mr de Brantes, frère de Madame Giscard d’Estaing, actuelle propriétaire du chateau de l’Estoile, tous deux descendants du Comte et de la Comtesse de Montesquiou.

Jean le jeune, dont nous descendons, est journalier à l’époque de son mariage avec Gabrielle Mohier (ou Moyer) le 18/7/1729 à Authon.

Il deviendra laboureur à la Houssardière, c’est-à-dire qu’il possède de la terre mais malheureusement pour cette branche il meurt tôt à l’âge de 33 ans laissant 3 jeunes enfants dont 2 fils qui vont trouver femme, Hilaire à Prunay, et François  (notre ancêtre) à Villechauve, certainement sur le lieu où le travail les appelle.

A l’intention de mon petit fils Malo, qui connaît déjà la fable du Corbeau et du Renard, j’ajoute ici la fable du

LABOUREUR ET SES ENFANTS

de Jean de la Fontaine Château-Thierry 1621 – Paris 1695

Travaillez, prenez de la peine :                                                   C’est le fonds (1) qui manque le moins.                                           Un riche Laboureur(2), sentant sa mort prochaine,                                                  Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.                                                   Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage                                                        Que nous ont laissé nos parents.                                                            Un trésor est caché dedans.                                                Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage                                                 Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.                                                   Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’août.                                                  Creusez, fouillez, bêchez, ne laissez nulle place                                                              Où la main ne passe et repasse.                                                     Le Père mort, les fils vous retournent le champ                                                     Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an                                                                     Il en rapporta davantage.                                                     D’argent, point de caché. Mais le Père fut sage                                                                De leur montrer avant sa mort                                                                Que le travail est un trésor

A la même époque, Pierre Bordier, laboureur de la région de Vendôme a laissé des écrits réunis dans un très intéressant ouvrage de Jean Vassort : ‘’les papiers d’un laboureur au siècle des Lumières’’ qui ‘’restituent avec une grande saveur les réalités de la vie d’un rural au XVIIIème siècle, sa langue, ses curiosité, ses préoccupations quotidiennes ‘‘Ed Champ Vallon 01420 Seyssel.

Nos ancêtres l’ont côtoyé. Marie Louise sa fille ainée épouse de Michel Esnault a vécu au Françay aux mêmes années que François Dru.

En cette année 1739 la France connaît encore une grave crise agricole. accompagnée de famine. Est ce cela qui causa la mort trop jeune de notre aïeul? Gabrielle se remariera un an après avec Jacques Loyseau, lui aussi veuf et qui a perdu deux enfants Louise et René  morts la même année en 1731 à quelques mois d’intervalle, la fille de maladie, le garçon de la chute d’une branche qu’il essayait de faire tomber. Gabrielle aura 5 filles de son mariage avec Jacques.

Gabrielle est la fille de Mathurin Moyer(1664-1729) et de Marie Rocheron (1676-1729). Il est sergent.

Jacques Loiseau est présent aux mariages des 3 enfants de Jean le jeune,  Renée ledru avec Pierre Boulay; Hilaire Ledru avec Catherine Breton, de Prunay-Cassereau et François Ledru avec Magdelaine Guibourg le 22/11/1763 à Villechauve.

Magdelaine est la fille de Jacques Guibourg (1701-1770), laboureur et d’Anne Pardessus (1701/1744). Elle est née vers 1740 à St Cyr.

Guibourt est un nom de famille, forme altérée de Guibourg, nom d’origine germanique issu de wigburd, compose de wig qui signifie combat et burg qui signifie protection, ancien surnom de soldat. La famille est originaire de Candé. Un Guibourd émigra aux USA. Voir http://en.wikipedia.org/wiki/Jacques_Guibourd_Historic_House )

(Pardessus : célèbre famille de Blois dont Jean Marie Pardessus né à Blois en 1772 fut maire de Blois en 1806 et reçu Napoléon lors d’un de ses passages à Blois et Vendôme en 1808)

La famille Guibourg est établie à Villechauve depuis de nombreuses années déjà. Leurs enfants, nombreux, naissent tous à Villechauve. A la mort de sa femme Jacques Guibourg se remarie avec Anne Blanchard, elle-même veuve de Pierre Poussin. La famille Guibour a de nombreuses alliances, Alliot qui sera maire, Deniau, Fournier, Mésnard, Girard, qui occupent des positions commerçantes : semoulier, tailleur d’habits etc.. François Dru sait signer. Dans les années 1780 tous ces noms reviennent régulièrement dans les registres paroissiaux. Les uns sont parrains des autres ou sont cités lors des mariages. La petite commune est habitée par environ 500 personnes. Les Guibourg semblent avoir du bien.

Anne Ledru que l’on retrouve comme marraine en 1765 toujours à Villechauve d’un Noel Collombard fils de Pierre Collombard et d’Anne Guibourd est une fille de Noel Ledru, le frère de Jean le jeune. Elle est la femme d’Antoine Guibourd qu’elle a épousé en 1757, frère d’Anne Guibourd , Catherine et Madgelaine Guibourg. Anne Ledru et François Ledru de cousins se retrouvent beau frère et belle sœur. Mais ce petit Noel décède quelques mois après en fév. 1766. On retrouvera cette Anne Guibourg en 1836 âgée de 95 ans vivant toujours à Villechauve.

Contrairement à ce qui est enregistré, François est âgé de 27 ans et il est donc majeur à son mariage mais son père est mort en 1739 et sa mère s’est remariée. Ils sont donc assistés de leurs parents respectifs, Gabrielle pour François et son beau-père Jacques Loiseau, de Jeanne et Catherine Loiseau, ses demi-sœurs. Au mariage, on remarque la présence de René V ou (N)eau, François Latour, Philippe Menard, Thomas Esnault, Jacques Moreau, Pierre Delanoue, Jean Poussin et plusieurs autres parents. Un Ganne a aussi signé. Noel Ledru un cousin de François a épousé Françoise Ganne la fille de Louis Ganne qui a son décès, le 17/1/1765 à Authon est présenté en tant que Notaire Royal. Les Ledru et les Guibourg sont désignés comme laboureurs tous les deux.

François assiste en 1759, soit 3 ans avant son mariage, au mariage de Louis Reboussin avec Marie Guibourg. Il deviendra son beau frère 4 ans plus tard.

Ce même Dru est orthographié Le Dru lors de la déclaration de naissance de son fils René le 11/08/1777 à Villechauve, commune voisine de Villeporcher.

Les enfants de François et Magdeleine naissent à Villechauve

à l’exception de l’ainé François qui nait à Vernou (I&L) le 7 sept 1765. Il épousera à St Cyr sur Gault Françoise Pinaudier native d’Herbault le 8/2/1796. Ils auront au moins un fils Etienne né à la Moinierie à Villechauve le 20/7/1805 (1thermidor an 13).

Et de Gabriel né en 1767 à Neuville sur Brenne où ses parents sont installés. François est désigné comme sabotier. Pourquoi a-t-il quitté sa profession de laboureur pour devenir sabotier. Il faut trouver la raison. Le premier sabotier rencontré dans la généalogie Ledru est Pierre Lambert le mari de Marie Mohier (Moyer) décédée le 21 mars 1758. Est-ce qu’il a pris le relais de son cousin ?

Une fille, Françoise qui mourra à l’âge de 30 mois.

Gatien Ledru né le 4 juillet 1773. Sa marraine est Françoise Alliot épouse de François Fouchard.

Ensuite le 11/08/1777 René François, qui sera le père de Frédéric Alexandre notre alleuil ,

Une autre fille Anne le 29/3/1781(qui semble avoir été dénommée Madeleine à sa mort en 1787 à l’âge de 6 ans et demi)

Enfin deux jumelles Marie Anne et Louise le 20 avril 1783. Seule Marie Anne vivra et se mariera le 8/11/1836 à Mesland avec Pierre Jacques Lefert, veuf de Françoise Thiellin, domicilié à Mesland. Louise l’autre jumelle décèdera à l’âge de 4 mois.

François (1) Dru et sa femme participent régulièrement aux festivités familiales

En 1789 l’hiver est le plus froid du siècle, la Loire est prise dans les glaces. De nombreux morts. Comment nos ancêtres ont-ils passé ce terrible hiver ? Puis la Révolution de 1789, mouvement parisien, avant de s’étendre à l’ensemble des provinces françaises. Un Ledru prénommé Marie-Louis-Charles Jean Baptiste Pierre, député des habitants de Mer, fait partie des notables chargés de préparer les doléances de la population en vue de préparer les Etats généraux.

Nos ancêtres ont-ils manifesté de la réticence aux changements comme semblerait l’avoir été les habitants de Touraine ? Aucun n’a semble t-il pris en mains sa destinée, au moment où nombre de fils de tonneliers, maçons, forgerons ou garçons d’écuries se jettent dans le tourbillon de l’époque pour se faire une carrière. Les sabotiers, comme on le verra plus loin ont vécu en communauté assez fermée.

Pour ceux qui souhaitent mieux connaître les conditions de vie à cette époque, je leur conseille de lire ou relire Balzac et la condition humaine qui donne un aperçu très réaliste sur la vie des gens et en particulier celle des paysans. (« « Les Paysans » » de Balzac, ou le Curé de Tours).

François et sa femme sont enterrés dans le village de Françay en Indre et Loire, Magdelaine (le 28/03/1803- 9 Ventôse an 2) et François en 1804 (24 nivôse an 13) à l’âge de 69 ans ; Le certificat de décès de François est signé par Francois Dru et Gatien Ledru ses fils.

Du couple Gabriel le Dru et Marguerite Pétereau, j’ai relevé 3 enfants nés entre 1800 et 1808 à Villechauve :

Marguerite la fille ainée de Gabriel Ledru, née le 10 messidor an 8 (29/06/1800) à la Fourcherie à Villechauve, où son père exerce aussi la profession de sabotier : Elle a eu comme marraine sa tante Louise Dru épouse Deniau, de la commune d’Authon. Elle épousera Jean Le May et décède le 18/10/1825.

Jean Gabriel Le Dru (29 nivôse an 13) le 19/07/1805

Et Marie (19/12/1808), celle qu’on retrouve avec son père lors du recensement de 1831 à Villechauve.

Jean Gabriel Ledru a épousé Catherine Angélique Norgieux . Il décédera le 22/7/1875 à Villechauve. Ils ont eu un fils Paul, né le 8/6/1832 qui épousera Joséphine Lefèvre à Villeporcher en 1860. Tandis que sa femme Joséphine, originaire d’Authon meurt en 1891 à Villeporcher entourée de son gendre Auguste Crosnier le mari de Sara Ledru. Sur l’acte de décès de Paul, son cousin Auguste Pavy, propriétaire a constaté le décès.

Jean Gabriel était aussi sabotier comme l’était son père, à la Fourcherie. En tant que branche ainée, a-t-il eu le droit de rester à Villechauve en tant que sabotier ; Ce qui expliquerait le déplacement de la branche cadette à Mesland.

Lors du recensement de 1836, Paul âgé de 4 ans vit aussi à La Garonnière. A son mariage et à la naissance de sa fille Sara, il est présenté en tant que propriétaire. Il meurt à l’âge de 60 ans le 11/8/1893 rentier à Villechauve

Lors du recensement de 1831 à Villechauve, il y a Gabriel (Le) Dru et sa fille Marie qui y résident toujours. Gabriel a 60 ans (naissance vers 1771) et Marie a 22 ans. Elle est née le 19 décembre 1808 à Villechauve. Sa mère est Marguerite Pétéreau née à Authon mariée le 30 brumaire an7 (20 nov 1798) à Villechauve.. Gabriel est désigné Dru tout comme François (1)  Son épouse Marguerite est décédée le 18/12/1825 à l’âge de 49 ans à la propriété de la Garonnière. C’est cette branche qui est alliée aux LeMay. Et le nom de Ledru semble s’est éteinte avec les descendances féminines de Etienne et jean Gabriel Ledru.

Quant à René François, il  épousera le 11/6/1805 jeanne Hélène Bourgoin de Orchaize, commune d’Herbault. Elle est la fille de Pierre Bourgoin et Catherine Menard. Le sieur Louis Glatigny est présent au mariage ainsi que Gatien Ledru son frère et Gabriel Ledru qui doit être son cousin, fils de Noel Ledru et Renée Authias.

Le couple résidera d’abord à Herbault et plus tard à Mesland où sont installés leurs enfants à leur mariage.

Ainsi se termine la présence des Ledru de notre branche à Authon…

Quant à la branche issue de celle de Noel Ledru, le frère de Jean le jeune, et d’Anne Hauterive, on retrouve Anne Ledru, marraine en 1765 toujours à Villechauve d’un Noel Collombard fils de Pierre Collombard et d’Anne Guibourd. Anne Ledru a épousé Antoine Guibourd en 1757. Il est le frère d’Anne, Catherine et Madgelaine Guibourg.

Anne Ledru et François Ledru, de cousins se retrouvent beau frère et belle sœur.  On retrouvera cette Anne Guibourg en 1836 agée de 95 ans vivant toujours à Villechauve.

En 1764, le 27 février, François Dru assiste au mariage de sa belle sœur Catherine Guibourd avec Jean Cuvet (vier) fils de Jean Cuvier et de Jeanne Cheveau.

Noel sera laboureur à la Remetterie, il meurt en 1786 à la Bellangerie.

La Bellangerie en sept 2015 (La maison a été construite en 1717

Le couple  Noel et Anne Hauterive qui s’est marié le 2 juillet 1731 a eu 5 enfants : Pierre en 1732, Noel en 1734, Anne l’épouse d’Antoine Guibourg en 1736, Renée en 1737, enfin Jeanne en 1741 qui épousera Pierre Alliot..

Pierre ne vivra pas de même que Renée.

Noel Ledru né en 1734 est l’époux de Françoise Ganne (en 1754), puis de Renée Authias en 1764.

Françoise Ganne est la fille d’un notaire royal d’Authon. De Françoise, Noel eut 5 enfants (Françoise en 1755 X Pierre Julien, Jean en 1756 qui mourra célibataire à 25 ans) Louise en 1758 X François Deniau veuf de Jeanne Loiseau, Anne en 1760, Noel François en 1762 X Louise Saillard et encore 5 enfants de son remariage avec Renée : François en 1765, Anne Elisabeth en 1771 qui épousera Pierre Lantigu, Jeanne Renée en 1773 qui épousera Pierre Foreau, Pierre en 1775 qui épousera Françoise Marmion en premières noces et à sa mort , Marie Grasseteau et enfin Nicolas né en 1777 à Château-Renault.

De son mariage avec Françoise Marmion, Pierre le Drut aura deux filles Jeanne françoise et Francoise Louise et 5 autres enfants avec Marie Grasseteau dont un fils Pierre Simon (1809-1875) dont le fils Auguste Emile (1836-1899) sera maire de Prunay-Cassereau de 1878 à mars 1896. Il ne semble pas avoir eu ensuite de descendance mâle ;

De celle de Nicolas et Louise Rigaud, il devrait y avoir une descendance mâle. J’ai noté un fils Nicolas Marie mort jeune et Nicolas Alexandre (1835-) qui épousa Louise Creuzot et eurent 5 enfants dont 3 fils Amédée,(1864) Alexandre Amédée (1865) et Gustave Auguste (1878-1946)

Cette branche s’est maintenue certainement mieux que la nôtre. Son mariage avec la fille d’un notaire royal explique sans doute cela. La famille Ganne est certainement une très vieille famille seigneuriale qui comporte des notables. A la naissance de Jacques (27/8/1758) fils d’Anne Ledru et Antoine Guibourg les Ledru et les Guibourg sont appelés Maitre. Ont ils des apprentis ou seulement des domestiques ?

On trouve trace de la famille Ganne en 1364.

L’ancêtre de Gannes est Guyon, valet, qui rend aveu de la terre et seigneurie de Mondidier avec ses appartenances au seigneur d’Hautmont (Usseau) le 2 avril 1364. Le nom de son épouse n’a pas été retenu. Deux enfants mâles naissent. Jean et Pierre l’aîné, écuyer, qui prend le titre de seigneur de Mondidier, succédant ainsi à son père décédé quelque temps avant 1397. Il eut au moins pour enfant Macé. Egalement écuyer, seigneur de Mondidier, il rend aveu comme l’avait fait son aïeul, le 28 avril 1446 au seigneur d’Hautmont. Il avait épousé Guillemine Philippe et en eut, entre autres enfants Jean et Mathurin qui suit. Mathurin De Gannes, écuyer comme son père, prend le titre de seigneur de Mondidier. Il épouse le 10 septembre 1482 à la Haye-en-Touraine, Jeanne Le Voyer, fille de Pierre Le Voyer, seigneur de Paulmy, petite paroisse sise à quelques lieues de la Haye-en-Touraine, et de Marguerite de Bez son épouse. Mathurin de Gannes décédera quelques temps avant 1499. Jeanne sa veuve, se remariera en novembre 1499 avec Louis de Razilly, sieur d’Azé

Sur le registre d’état civil, il y a aussi un mariage Gabriel Druet le 22/9/1793 (1 vendémiaire an 2) avec Jeanne Françoise V(N)eau. Gabriel est âgé de 25 ans (né en 1768). Il est le fils de Jean Druet et de Jeanne Duffant, de St Laurent en Gâtines. Jeanne Françoise est âgée de 19 ans (née en 1774) fille de Louis V(N)eau (1733) et de Jeanne LeClerc (1735) tous deux du Sentier (Montholon). Gabriel a deux frères plus agés Pierre Druet 33 ans et Jean Druet 34 ans .

Sur les registres décennaux, le nom est orthographié Dru mais aussi Druet ce qui laisse supposer que le ‘’et’’ s’est transformé en « é » et en « e » puis enfin en « u », à moins qu’il ne s’agisse d’un changement de prononciation.

Ainsi se terminent les branches annexes de notre famille.